Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 10:15

J'ai reçu récemment le lien suivant  http://www.soseducation.com/greve27septembre/. Il s'agit d'une vidéo qui incite à signer une pétition (on ne s'apperçoit d'ailleurs qu'à la fin de la vidéo qu'il s'agit de cela, la pétition ne paraît pas tout de suite, je n'aime pas trop la manoeuvre). Le texte d'accompagnement était le suivant :

 

Objet : Faire face aux syndicats...

 

Madame, Monsieur,

Voici une des vidéos les plus choquantes qui circule sur Internet.

Elle contient des révélations incroyables sur ce qui se passe

aujourd'hui à l'Education nationale.

Merci de la transférer au plus vite à tout votre carnet d'adresses.

Cordialement,

Eric Galland

Responsable des relations parents-professeurs

SOS Education

01 45 81 93 20

 

Normalement quand je lis ça je jette, je préfère quand les propos sont un peu plus pondérés, ça sentait un peu la vidéo haineuse et populiste au pire sens du terme. Et le terme de choquant me faisait me demander si les syndicats brutalisaient les professeurs ou s'il y avait des dessous de tables.

 

L'amie qui m'a transmis le message avouait ne pas avoir vérifié ses sources et me demandais si j'avais une idée. Il suffit qu'on me demande cela pour que ma curiosité s'attise. J'ai donc regardé la vidéo. Je ne signerai pas la pétition. Je vais reprendre ce que j'ai conclu après de visionnage de ce qui est plus un diaporama avec lecture à haute voix par dessus qu'une video choc. Le poids des mots peut-être, le choc des images pas vraiment. Même les âmes les plus sensibles pourront la regarder sans risque d'évanouissement ni de traumatisme.

 

SOS Education

 

Bien que cela manque de scènes de violence et de caricatures de syndicaliste avec un couteau entre les dents, j'ai trouvé le ton général très démagogique. De plus, la vidéo incite à signer la pétition, mais il n'y a pas de présentation de ceux qui en sont à l'initiative, à part qu'il s'agit d'une initiative apolotique et peut-être aussi laïque (je ne me souviens pas, et il n'y a pas de curseur de temps pour pouvoir réécouter à partir d'un point donné - pas le courage de me refaire la totale pour chaque doute que j'ai). En utilisant l'URL je vais quand même en vitesse sur le site de SOS Education, où je trouve au final peu d'informations. Heureusement il y a Google qui me permet de trouver une analyse fleuve sur cette association (en 5 billets!). Dans le deuxième épisode de cette analyse, j'ai trouvé l'information suivante :

 

"Fondée en novembre 2001, SOS-Education représente l'aile libérale de l'antipédagogisme. A ce propos, chacun ayant donné plus ou moins récemment sa définition de ce néologisme indispensable au débat éducatif, j'y vais de la mienne, qui est délibérément... enfin, à vous de voir.

Antipédagogisme : système idéologique étonnant, né en France au début des années 1980, aussi radical que transversal et permettant, à travers la contestation virulente de la politique éducative, de se poser très avantageusement en héros de la lutte contre la barbarie sans jamais affronter de barbares et sans avoir à renier aucun de ses engagements antérieurs, actuels ou futurs sur l'ensemble du spectre politique.

Il était donc fatal que l'antipédagogisme ait sa déclinaison libérale."

 

Apparemment l'association est plutôt proche de l'aile droite de l'UMP, et des auditeurs de Radio Courtoisie. Un peu réactionnaire, à mon goût personnel. Un nom apparaît aussi dans le texte, qui m'a fait gentillement et nostalgiquement sourire : celle de Philippe Nemo, qui a été mon professeur à l'ESCP. Intelligent (même si je n'étais pas toujours d'accord avec ses interprétations), très cultivé (ce qui ne l'a pas empêché d'affirmer que le système éducatif suédois était entièrement privé, et de persister quand je lui ai fait remarquer que certaines écoles étaient communales), avec des bonnes qualités de communication écrite et orale. Un professeur dont je ne souviens bien.

 

"Dans la liste des membres du conseil scientifique de cet institut figure - c'est là où je voulais en venir - un nom cher à SOS-Education: celui de Philippe Nemo.

Non que cet intellectuel libéral, ex-«nouveau philosophe», en soit le créateur. Mais il en est l'ami et la «référence assumée», selon, l'expression d'un responsable de l'association. Grand spécialiste français de Friedrich Hayek, auteur notamment de «Pourquoi ont-ils tué Jules Ferry» (1991) et «Le Chaos pédagogique» (1993), maître de conférences à HEC, enseignant à l'ESCP-EAP (Sup de Co Paris), Philippe Nemo fait partie de ceux qui pensent que l'effondrement du système éducatif français prend sa source «collectiviste» au plan Langevin-Wallon de 1947.

Sur le site de l'association, il ne faut pas chercher longtemps pour trouver son manifeste «Pour le pluralisme scolaire». Philippe Nemo y propose de rompre avec un système «soviétiforme»: il préconise «que la collectivité finance l'enseignement», en fonction d'un «cahier des charges national», mais «que la prestation d'enseignement soit asssurée par des écoles indépendantes». "

 

Les méchants syndicats

 

Voila pour le profi de l'association, revenons en à mes réactions suite à la video, avant que je ne devienne vraiment trop bavarde. Je ne me sens pas forcément proche de ce qui est dit sur la video, néanmoins, ils se basent sur des chiffres réels (je ne suis pas allée vérifier mais je ne vois pas de raison réelle d'en douter). Les remarques qui suivent ne sont pas toutes documentées et concernent surtout mon opinion personnelle.

  • Les syndicats de l'Education nationale défendent les fonctionnaires de l'Education nationale pas nos enfants, ni même la qualité de l'Education en tant que telle (même si on peut se dire que des professeurs travaillant dans de bonnes conditions dispenseront un enseignement de meilleure qualité.  Si on écoute la presse, on a l'impression que le malaise des professeurs augmente, on peut donc se demander s'ils sont si efficaces que cela. Mon expérience des syndicats du secteur public en France est qu'ils arriventà être contre-productifs, au moins vis-à-vis de ceux qui ne sont pas militants. Malgré cela je suis totalement pour le syndicalisme, d'autant que certains pays (la Suède par exemple) montre qu'un dialogue paritaire peut aboutir dans de bonnes conditions.
  • L'éducation nationale, l'enseignement supérieur, et même l'hôpital ont trop de personnel administratif, et je pense que la plupart des services de l'Etat ont besoin d'une restructuration de fond sur ce sujet. A mon avis on aurait quelques économies possibles. C'est d'une réforme de fond dont je parle, qui se prépare sur plusieurs années, avec les syndicats, pas d'une réforme d'annonce en prévision d'une élection à venir, juste pour dire qu'on a fait quelque chose. Certaines problématiques sont assez graves pour qu'on prenne le temps d'y réfléchir en profondeur.
  • Je me demande si le nombre de personnel enseignant évoqué dans la vidéo est en tête de pipe ou en équivalent temps plein. J'imagine que ça peut faire une différence (quand je vois le nombre d'institutrices à temps partiel dans l'école de mon fils). Les chiffres de l'INSEE sont une chose, la réalité reste ce qu'elle est. Les classes ne font pas 14 élèves. Parce que si les prof doivent préparer leur cours, corriger les copies, etc. cela fait plus que doubler le nombre d'heures de travail. Si on considère un temps plein à 36h, cela fait maximum 18h de cours (dans la réalité je ne suis pas sûre que les enseignants du secondaires fassent autant d'heures). Si je prends un raisonnement très simple (mais peut-être fallacieux), au niveau collège/lycée les enfants ayant environ 36 heures de cours par semaine (???), cela nécessite une moyenne d'au moins deux professeurs par classe... soit au minimum 28 élèves par classe. On ajoute à cela d'autres variables (classes difficiles avec moins d'élèves, arrêts maladies, etc.), on doit finir par arriver à des chiffres proches de la réalité, sans qu'il y ait de scandale caché derrière.
    Reste le mystère de la raison qui fait que les professeurs agrégés travaillent un moins grand nombre d'heures, et pour un salaire meilleur, que ceux qui ont le CAPES... Ont-ils besoin de plus de temps pour préparer leurs cours?
  • Toujours au sujet du nombre de professeurs, la France est le pays de l'OCDE qui en a le moins par élève http://www.lemonde.fr/education/article/2011/02/14/la-france-derniere-de-l-ocde-pour-l-encadrement-des-eleves_1480128_1473685.html
  • La vidéo affirme que les expérimentations pédagogiques ont souvent été catastrophiques, et que c'est la faute des syndicats. Selon moi, parmi les réformes successives de l'éducation, il y a eu largement trop d'échecs et d'erreurs, mais ces réformes et ces erreurs sont autant le fait des différents ministres qui ne voulaient pas quitter leur poste sans avoir mis leur nom sur une loi ou une réforme que des syndicats. Le texte stigmatise trop les syndicats (malgré ce que j'ai dis plus haut) à mon avis.
  • Je ne suis pas sûre que retourner à l'école de la 3e république comme la vidéo semble le proposer soit une solution adaptée aux réalités de notre époque. Les défis d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes. Ensuite, d'après ce qui a été dis plus haut sur l'association, il semblerait que ce côté réactionnaire fasse partie de leur identité. D'ailleurs, les photos d'enfants choisies (une peau pas trop mate, notamment) ne semblent pas réfléter non plus la réalité de notre époque et sa diversité.
    Néanmoins, je pense aussi qu'il y a un problème de respect des élèves envers leurs professeurs. Certaines attitudes actuelles ne sont pas acceptables. D'un autre côté les parents non plus ne respectent plus les professeurs. Je ne sais pas vraiment comment sortir de cette situation, je ne crois pas aux châtiments corporels et suis plus que dubitative sur l'exclusion définitive.

Après toutes ces réflexions, je me rends compte que je n'ai pas la solution pour que la France dépasse la Finlande dans les classements OCDE... je ne vais pas candidater comme ministre de l'Education nationale. Et je ne vais pas signer la pétition...


Par Ingrid-Hélène
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Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 16:51

Can one live without water? Can you imagine what would be our life if we had no access to clean drinking water? Diseases, inability to go to school especially for girls, etc.
Today one person out of 6 has no access to clean drinking water. And even more people do not benefit from correct sanitation.

 

In July 2010, the United Nations declared that, “Safe and clean drinking water and sanitation is a human right essential to the full enjoyment of life and all other human rights”.  It resolved that member states should “offer funding, technology and other resources to help poorer countries scale up their efforts to provide clean, accessible and affordable drinking water and sanitation for everyone.” (UN Press release – 28 July 2010 - General Assembly declares access to clean water and sanitation is a human right - http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=35456&Cr=sanitation&Cr1)
 
In 2010, 884 million people in the world still do not get their drinking-water from improved sources, almost all of them in developing regions. To complete the actions of the states, the work and actions of NGOs are most important.

 

Everybody knows or should know Charity:Water. If you haven't yet, just go and visit their site http://www.charitywater.org/

 

If you are in Rhône Alpes area, a young NGO is organising a charity event with concert, painting exhibition (including a vernissage) and very good food (by a chef with Michelin stars).

You can find information on http://artforactions.org/, on Twitter or on their Facebook page.

 

And there are other NGO, all over the world. And THIS IS A GOOD NEWS. Because if we want to grant the access to clean water and to sanitation to everyone, all forces are needed.

 



Par Ingrid-Hélène
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Mardi 21 juin 2011 2 21 /06 /Juin /2011 16:50

Dossier spécial entreprenariat social ce jour dans Les Echos. Et dire que j'avais failli ne pas ouvrir mon journal (je me suis trouvée abonnée à titre gratuit à ce quotidien, où je trouve des articles intéressants, mais aujourd'hui je ne pensais pas avoir le temps).

 

Je trouve assez intéressant le haut de la une du quotidien : côte à côté "ce qui fait le succès des Galeries Lafayette" et "Entrepreneurs sociaux - L'essor". Reflet d'une société et d'une époque où se côtoient consommation de luxe/bling-bling et réflexion sur une nouvelle économie qui prendrait mieux en compte tout le monde?

 

Dès que j'ai fini de lire le dossier je fais un feedback.

Par Ingrid-Hélène
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Vendredi 27 mai 2011 5 27 /05 /Mai /2011 19:34

Je sors de mes sujets habituels (si on peut parler d'habituel quand on voit ma faible activité depuis quelques mois) pour aborder un sujet peut-être plus personnel.

 

Mon fils est en Grande Section et il a une maîtresse qui est persuadée que les enfants, du moins ses élèves, ont tous besoin de voir un psychologue ou un orthophoniste. Les enfants de parents séparés sont forcément traumatisés (même des années après), les petits derniers complexés, etc. Plusieurs parents ne lui parlent plus car sa seule réponse à quasiment toute question ou remarque est "vous savez que pense que votre fils/fille devrait voir un psychologue/orthophoniste"

 

Cette année elle a décidé de ne pas faire de fête des mères ni des pères mais une fête des parents. Je sais que certains trouvent ce concept novateur et j'accepte un certain nombre de leurs arguments (genre si l'enfant a un parent décédé c'est plus facile), je trouve cette idée de fête des parents ridicule et inutile, mais pas grave en soi. Ce qui l'est plus c'est que la maîtresse a organisé cette fête sans ses collègues qui elles (ou eux, il doit bien y avoir des maîtres en primaire) ont fait le traditionnel cadeau de fête des mères (un superbe porte-photo en pâte à sel avec le petit poème appris par coeur de la part de ma fille). Je ne sais pas comment les autres enfants de la classe ont réagi, mais mon fils a pleuré (un peu) quand il a réalisé que sa soeur avait un cadeau et pas lui (heureusement il y avait aussi un cadeau commun fait chez leur merveilleuse nounou,ça l'a un peu consolé). Et ce qui m'a fait sortir de mes gonds et décider de réagir c'est le mot explicatif de la maîtresse, que je trouve irrespectueux vis-à-vis des parents (notamment séparés) et intrusif dans la vie privée, bref dépassant les limites dans lesquelles l'institutrice est censée agir. En voici une copie :

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Je ne sais pas si je suis particulièrement trop sensible, mais il se trouve que je suis capable de parler à mon ex-mari et que nous nous étions depuis longtemps arrangés pour les fêtes des mères et des pères. J'ai donc décidé de répondre à ce mot:

 

"Madame,

 

suite votre initiative de « fête des parents », nous tenions réagir. Dire que nous soyons choqués est peut-être un peu exagéré mais nous sommes en total désaccord avec cette idée.

 

« Cette année, plusieurs enfants sont confrontés des situations délicates vis-vis de leurs parents (divorce, séparation, confrontation avec la justice...) »

 

  • Pourquoi « cette année »? 2010-2011 fut-elle une période particulièrement propice aux ruptures? Il me semble que les divorces sont presque un phénomène de société depuis plus d'une décennie. Peut-être qu'une classe de Grande Section compte plus de familles divorcées qu'une classe de Petit. Pour notre part, la séparation date de 2008 et A. a déjà eu l'occasion de faire deux fêtes des mères et deux fêtes des pères (qui se sont très bien passées) depuis.

 

  • « des situations délicates vis-vis de leurs parents ». Sous-entendez vous qu'en divorçant nous faisons du mal nos enfants? Ne pensez vous pas que lorsqu'on divorce c'est justement pour éviter ou mettre fin des situations qui peuvent aussi être délicates pour les enfants (disputes, par exemple)? Il est possible qu'en début de séparation l'enfant soit un peu embarrassé dans ses relations avec ses parents, mais n'est-ce pas aux parents de régler cette situation? De même par la suite, il y a forcément - et comme c'est aussi le cas dans les couples qui restent ensembles - des hauts et des bas, des moments de crises qui affecteront plus ou moins l'enfant. Cependant s'il est légitime que vous nous alertiez de changement de comportement chez nos enfants ou d'autres inquiétudes ou remarques, c'est à nous parents de gérer notre relation et celles que nous entretenons chacun de notre côté avec nos enfants. Plus concrètement :

    • nous pensons que vous dépassez votre rôle d'enseignante en voulant vous mêler de ces soi-disant « situations délicates »

    • dans les cas où les situations sont réellement compliquées entre les parents, nous ne voyons pas en quoi votre idée apporte quelque chose de positif. Pourquoi deux parents qui refusent de se parler ou sont en conflit juridique souhaiteraient-ils une fête des parents?

 

« Afin de n'oublier personne dans les moments de fête et de joie que sont la fête des mères et la fête des pères, j'ai proposé aux enfants d'organiser la fête des parents »

 

  • je ne comprends pas le lien entre les deux parties de la phrase. A partir du moment où il y a une fête des mères et une fête des pères, qui est oublié? Il y a certainement des enfants qui ne voient jamais l'un de leur parent, ou pire qui ont un parent décédé, mais je doute que la fête des parents améliore quoi que ce soit pour eux.

  • Pour les enfants ayant des frères et soeurs, il va y avoir une fête des mères et une fête des pères où leurs frères et soeurs donneront des cadeaux mais pas eux, et une fête des parents où eux donneront des cadeaux mais pas les frères et soeurs. Trouvez vous cela très cohérent? Très sain?

  • Ne pensez-vous pas que des enfants de maternelle sont un peu jeunes pour organiser une fête? Ne leur donnez vous pas une trop grosse responsabilité?

 

La date du 12 juin est au milieu d'un grand WE (Pentecôte), le seul où A. ne voyait pas du tout sa maman. Finalement son papa a la gentillesse de faire en sorte qu'il puisse voir sa maman aussi, alors que nous avions déjà fait des arrangements pour que les fêtes des mères et des pères puissent être fêtées dans les meilleures conditions.

 

« Ils pourront les offrir Maman comme Papa, selon leur propre choix, en fonction de leurs ressentis »

  • cela va évidemment améliorer les situations délicates... décidément nous ne comprenons pas votre logique. Comment vont-il donner? Le plus beau pour papa/maman? Tout à l'un ou à l'autre?

  • sans être pédopsychologue, nous pensons que les enfants sont un peu jeunes pour de tels choix, et qu'il est beaucoup plus rassurant pour un enfant de faire un cadeau pour quelqu'un en particulier. Il y a un risque que les enfants doutent de leurs choix, se demandent si ce n'est pas mal pris, si en fait ils n'auraient pas mieux fait de donner différemment...

 

« je tiens juste rappeler qu'il peut être très traumatisant pour un enfant de ne pas voir son papa pour la fête des pères »

  • un petit mot moralisateur pour finir...

  • et de ne pas voir la maman pour la fête des mères?

  • en effet cela peut-être traumatisant, mais beaucoup de parents séparés sont capables de prendre en compte le bien-être de leurs enfants. Et d'autres situations peuvent provoquer l'absence d'un parent, même dans des familles « classiques » (déplacements professionnels longs, par exemple). On ne choisit pas toujours.

  • n'est-il pas aussi traumatisant d'être le seul de la fratrie ne pas avoir de cadeau lors des fêtes des mères ou des pères?

  • En mettant votre fête des parents au milieu d'un grand WE vous courez le risque que des WE hors de Lyon soit déjà planifiés, ce qui ferait que l'enfant ne verra pas l'un de ses deux parents.

 

« j'ai fait ce choix uniquement en pensant au bien-être de mes élèves »

  • nous le supposons et l'espérons en effet, même si

    • nous ne voyons pas du tout ce qu'apporte votre solution

    • nous pensons que nous sommes responsables du bien-être de nos enfants - en particulier lorsqu'ils ne sont pas en classe - et que vous êtes sortie de votre rôle.

 

Nous ne ferons pas de fête des parents proprement parler (d'abord nous ne voyons pas très bien ce que vous entendez par là et A. sera avec sa quasi-fratrie), nous ferons néanmoins en sorte qu'A. puisse voir ses deux parents le WE de Pentecôte et que cela soit un moment privilégié pour lui.

 

Cordialement,

 

les parents d'A."

Par Ingrid-Hélène
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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 11:04

Lors de ma mission à l'Agence de l'eau RM&C j'ai entre autre travaillé avec l'international (coopération et jumelage). J'ai ainsi eu l'occasion de rencontrer une délégation Maltaise, dans le cadre d'un jumelage (twining). Malte avait choisi de travailler avec l'AERM&C car avec la Corse nous connaissions les problématiques des îles méditerranéennes. Je livre ci-après quelques informations sur Malte et ses problématiques liées à l'eau.

Malte est donc un pays de 364 km2 et 400 000 habitants : la plus haute densité européenne, sur 3 îles.

Altitude max 260m

Langue officielle : le malte

Principales sources de revenu : tourisme et activité navale

Eau

Les ressources de la MEPA (Malta environment and planning authority) : il y a des taxes dans le domaine de l'eau, mais aussi de l'énergie, mais pas dans les mines.

MEPA : autorité financière, avec des effectifs par nature très restreints. Coopération très étroites.

Les eaux souterraines sont très importantes : il n'y a pas de rivière à Malte, par endroit des tronçons d'anciennes rivières. Pas de lac. Quelques points d'eau.

Le rôle du MEPA est physiquement faible dans les eaux intérieures, par contre il a plus d'influence sur les eaux marines, côtières.

Pour la distribution d'eau, tout est géré par un opérateur public (pas d'opérateur privé), la WSC (water service corporation) qui assure aussi bien la distribution que le traitement des eaux usées.

Les ressources naturelles en eaux ne sont pas suffisantes pour alimenter toute la population. Du coup, on a recours à la désalinisation par osmose inverse. Cette désalinisation assure la moitié de la consommation d'eau potable.

La désalinisation est faite au niveau public mais aussi privé (notamment dans les hôtels de luxe).

L'eau est rejetée en mer, il n'y a donc pas d'impact sur les réseaux.

La demande en eau est de 57Mm3/an au total (Lyon : 100Mm3/an pour l'eau potable uniquement) dont 20 viennent de la désalinisation et 3 de l'eau de pluie. Le reste est fournit par l'aquifère, mais ce dernier est en constant déficit.

Le prix de l'eau (ou redevance?) jusqu'à 33 m3/hab/an est de 1,13€/m3, au delà de 5,10€/m3.

Il n'y a pas de taxation pour ceux qui ont leur propre prélèvement à ce jour, mais MRA souhaiterait faire évoluer cela.

Eaux superficielles

3 lacs de – de 10ha

3 rivières qui ne sont là que de temps en temps

3 estuaires

Nappes

à 25-30 m : nappes supérieures, très polluées (>200mg/l de nitrates)

à 200-250 m : nappes inférieures. Par endroit elles sont au niveau de la mer.

Eau de pluie

Précipitations 500 mm/an, entre octobre et février.

Il y a au total 250000 m3 de retenues : 36 retenues avec petits barrages

De plus, de nombreux ménages (40000) ont leur propre citerne/réservoir d'eau de pluie. Il s'agit de citerne dans les caves ou sur les toits. Une législation datant des chevaliers de l'ordre de Malte obligeait les maisons à avoir une citerne. Le boom immobilier des année 1960-1970 correspond à la construction d'immeubles, qui ne sont pas équipés de citerne. Actuellement une nouvelle législation incite à prendre des mesures pour la récupération de l'eau de pluie.

Les principales actions actuelles:

  • recherches sur l'amélioration des prélèvements pour limiter l'entrée d'eau salée dans les nappes phréatiques

  • augmentation des ressources : recyclage des eaux usées des stations d'épuration

Distribution

Le rendement des réseaux de distribution est de 75% aujourd'hui

Années 1980 : début de la désalinisation; la production maximale a été atteinte en 1994, à une époque où le rendement des réseaux était de 40%. Après on a fait diminuer les pertes.

Eaux de pluie en recharge (?) : grosses pertes vers l'eau de mer

Collaboration avec BRGM

Les ministères sont petits et une bonne partie des compétences est transférée à leurs « authorities » (secrétariat d'Etat??). MRA a les compétences techniques et économiques mais pas de police.

Législation : expert technique et économique du MRA font le projet puis le soumettent au ministère puis 1er ministre, puis Parlement.

La régulation est faite par la police.

Les données sur les ressources d'eau douces dépendent de la MRA, celle d'eaux cotières de la MEPA sauf pour ce qui est des eaux de baignades qui dépendent de la DDASS locale. Le principe de la gestion de données est que celui qui les collectes est celui qui les utilise.

(Centrale nucléaire : 40m3 par seconde (France))

Par Ingrid-Hélène
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 10:56

Hier un ancien collègue de l'Agence de l'eau est venu me rendre visite, et il m'a appris que le bâtiment du siège de l'Agence avait été classé épave thermique... Si vous voulez mon avis, pour un organisme dépendant du ministère de l'Environnement cela ne fait pas très sérieux. D'accord, le bâtiment date d'avant le Grenelle (ouf, l'honneur est sauf???) mais il s'agit quand même d'un bâtiment raisonnablement récent (livré en mars 1996) et les services environnementaux de l'Etat devaient très certainement être au courant des problématiques d'isolation thermique déjà à cette époque là... Là je sors totalement de mon domaine de compétence, mais la nouvelle m'a fait rire jaune, et pas mal interpelée.

Sans l'aide de mon ami Google, je ne sais pas précisément ce qu'implique exactement le terme d'épave thermique, mais il me semble assez imagé pour se faire une première idée.

Avant d'entrer dans les recherches Internet j'essaie de me souvenir de mon sentiment par rapport à ce bâtiment. Esthétiquement, on aime ou on aime pas, mais dans l'ensemble je ne vois pas de défaut majeur. Personnellement je le trouve assez joli, en extérieur comme en intérieur. Par contre, sa conception avait selon moi, et plusieurs de mes collègues, deux défauts principaux :

  • les contacts humains se trouvent très limités. Le bâtiment est divisé en deux sous-bâtiments séparés par une sorte de passerelle. Les étages pour chaque "demi-bâtiment" consistent en un couloir qui trace un carré évidé. Certains bureaux donnent sur l'extérieur, les autres sur l'intérieur du carré. Lorsqu'on est à l'intérieur, les grandes fenêtres du bureau font qu'on peut vous voir travailler (ou discuter, selon la motivation du jour). Je le sais mon bureau était de ceux là. Je voyais (et pouvais être vue) les bureaux d'en face sur plusieurs étages. D'accord, les gens ont autre chose à faire que d'espionner leurs collègues, mais dans une structure de cette taille les gens sont friands de ragots... Mais je m'égare et oublie presque où je voulais en venir. Donc, pour une raison ou pour une autre on ne rencontre presque jamais les personnes des autres "demis étages", et très peu ceux de son propre étage et bâtiment. D'après ce que tout le monde m'a dit, la situation était différente avant l'entrée dans ses locaux, mais je ne sais pas si cela prouve le rôle du déménagement là dedans. Un peu quand même...
  • il y a besoin de beaucoup de chauffage en hiver, et en été, même avec la climatisation certains bureaux sont extrêmement chauds. Je suppose qu'il y a un lien avec le fait que le bâtiment soit tout en verre (pas complètement, j'exagère bien sûr) et peut-être avec l'immense volume à l'intérieur des carrés. (si mon père voit que je parle de volumes et de carrés dans la même phrase, il risque de me le reprocher. Papa si tu lis ce texte, sache que je suis consciente de cette aberration). Enfin, au moins en ayant un bureau intérieur je n'avais pas les problèmes de surchauffe, mais je me suis quand même demandée comment on pouvait penser à faire un bâtiment qui risque de chauffer dans une ville comme Lyon où les températures estivales sont régulièrement caniculaires.

On voit quelques images sur la page http://www.sudarchitectes.com/agence_de_l-eau_lyon_france-pd27fr.html. Page intéressante par ailleurs, où l'on apprend que l'objectif était de "construire un bâtiment symbolique d'une volonté de transparence et de sérieux". Je ne sais pas si c'est l'Agence ou Sud Architecte qui a rédigé l'objectif de la sorte, mais j'y trouve un côté langue de bois assez pénible. Volonté de transparence, d'où le verre je suppose. Sérieux ou volonté de sérieux? "Volonté de sérieux" donne un peu l'impression "on est un organisme public mais on voudrait bien faire de notre mieux quand même" (note : je fais ce commentaire uniquement par rapport à ce que je pense de la phrase, n'y voyez aucun sous-entendu concernant l'Agence). En tout cas l'objectif n'était pas de faire un bâtiment intelligent en terme de RSE (ce qui est assez logique vu l'époque de construction). Reste que, faute de donner priorité aux problématiques climatiques qui n'étaient pas forcément centrales à l'époque, on aurait pu éviter de faire dans l'excès inverse (à l'époque on savait déjà que le chauffage et la climatisation coûtaient de l'argent et de l'énergie). 

Finalement même avec Google je ne trouve guère d'informations plus précises sur les épaves thermiques, ni sur qui décide de ce classement. Néanmoins j'ai trouvé la page suivante :

Au final, l'Agence de l'eau va sûrement déménager, et je ne saurai certainement jamais comment un EPA sous tutelle du ministère de l'Environnement a pu choisir un tel projet.

 

Pour finir, vu que je parlais clim, je me permets de publier un dessin d'un ami illustrateur (Erik si ça te dérange je l'enlève tout de suite), n'hésitez pas à aller voir son site.

Bonne-Annee-2011-Erik-Holm.jpg

Par Ingrid-Hélène - Publié dans : Environnement hors eau
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Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 13:25

Suite au Grenelle de l'environnement, le Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (comme il s'appelle depuis déjà plusieurs mois) a lancé le site www.toutsurlenvironnement.fr afin de permettre un accès à toute l'information publique sur les questions d'environnement. Cela entre dans le cadre de la Convention d'Aarhus sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement, dont l'article 1 est rédigé comme suit : 

"Afin de contribuer à protéger le droit de chacun, dans les générations présentes et futures, de vivre dans un environnement propre à assurer sa santé et son bien-être, chaque Partie garantit les droits d'accès à l'information sur l'environnement, de participation du public au processus décisionnel et d'accès à la justice en matière d'environnement conformément aux dispositions de la présente Convention." 

Ce nouveau site recense a priori  l'information en ligne des autorités publiques volontaires (services de l'Etat, collectivités, organismes privés ayant une mission de service publiques déléguée par la loi ou par les services de l'Etat ou les collectivités). Cela exclut un certain nombre d'ONG, mais aussi des entreprises. Le but est uniquement de rendre accessible l'information publique. Les informations présentes sur le site "concernent notamment l'état de l'environnement, les pressions qu’il subit, les actions qui visent à le protéger, ou encore son impact sur la santé, ainsi que la réglementation en vigueur."

Saluons cette initiative qui permettra au citoyen intéressé de trouver les informations qu'il recherche. Et gageons que la plupart des organismes pouvant mettre en ligne ces informations jouerons le jeu.

A première vue, le site semble ergonomique et agréable. Une fonction de recherche, par thème ou par territoire (départements et régions). Trois grands thèmes divisés en sous parties :

  • Milieux et environnement :
    • Nature et biodiversité
    • Air et atmosphère
    • Eaux
    • Sols et sous-sols
    • Urbanisme et paysage
  • Vos préoccupations
    • Ma consommation
    • Changement climatique
    • Environnement et santé
    • Pollutions et nuisances
    • Risques naturels et industriels
    • Epuisement des ressources
  • Les secteurs d'activité
    • Etat et collectivités territoriales
    • Agriculture et pêche
    • Industrie et entreprises
    • Energie
    • Transports
    • Construction
    • Tourisme
    • Déchets
    • Secteur de l'environnement

Pour tester je vais voir si je trouve de l'information sur les OGM. Bon, par où commencer? Un ancien "chef" et néanmoins amis me disait qu'on est à l'ère de la recherche, plus du classement. J'essaie donc d'abord le cartouche de recherche. J'entre "OGM" et je me retrouve avec 154 résultats dont les 9 premiers, soit quasiment toute la première page, correspondent au site du Grenelle environnement. Logique en un sens, vu d'où provient notre site, mais pas forcément le plus pertinent. Le 10e résultat est une page de l'AFFSA qui explique brièvement ce qu'est un OGM. Personnellement c'est cette page que j'aurais mise en premier... une petite explication avant les indigestes extraits d'une loi, c'est pas mal...

Pour alléger la recherche je filtre par niveau de lecture. Je choisis "citoyen". Il ne me reste plus que 60 résultats et je me rends compte que le citoyen ne doit pas être intéressé par la définition des OGM car le lien qui m'avait précédemment intéressé ne paraît plus parmi les 10 premiers résultats. Dommage. Premier de la liste, un joli document du site du Grenelle intitulé Les conclusions du conseil environnement européen sur les OGM. Il y a plus sexy pour commencer.

 Deuxième de la liste la page consacré à l'agriculture biologique du ministère de l'agriculture... le terme "OGM" y apparait une fois, pour dire qu'OGM et agriculture biologique ne vont pas ensemble. Suivent des publications du ministère de l'écologie, etc., dont les liens ne marchent pas. Puis un certain nombre de pages dont je ne comprends pas le lien avec les OGM. Peut mieux faire.

Quant à trouver l'information avec le classement par thème, j'ai fini par abandonner. J'ai dû choisir le mauvais thème.

Donc une grosse banque de données qui a le mérite d'exister, mais je ne suis pas à 100% convaincue.

Le fait que ce ne soit que de l'information venant d'organismes publics ou assimilés par contre ne me choque pas, étant donné la raison d'être du site. Il serait néanmoins intéressant d'avoir ce type de site avec des informations d'ONG et d'entreprises aussi, pour avoir facilement accès à différents points de vue, argumentations, résultats d'études...

 

 

Par Ingrid-Hélène - Publié dans : Tout l'environnement
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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 21:28

 

  

La Constitution définit la République comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » ; cela suppose que l'intérêt du peuple est supérieur à celui de ses dirigeants et n'est pas compatible avec la corruption, le clientélisme, le conflit d'intérêt, etc. au risque non seulement de sortir de la soumission au principe de légalité, mais aussi de désintéresser les citoyens de la vie publique.

 

Les collectivités locales ou, selon la terminologie actuelle, territoriales, ont vu leurs compétences accrues, et elles sont aussi les administrations les plus proches des citoyens : leur rôle dans la moralisation de la vie publique semble donc particulièrement important. Cependant, les collectivités territoriales doivent aussi avoir une politique efficace et les procédures pour garantir la transparence, l'égalité, etc. sont parfois lourdes. De plus, plusieurs affaires peuvent être recensées qui montrent que la moralisation n'est pas acquise d'avance. On peut se demander si la moralisation de la vie publique est compatible avec l'efficacité des collectivités locales.

 

De part leur proximité géographique avec les citoyens, qui élisent leur organe exécutif au suffrage universel direct, les collectivités locales ont un rôle particulier en terme de moralisation de la politique, et elles n'arrivent pas toujours à le tenir ; de nouveaux outils législatifs, de procédures comme de contrôle, se mettent en place mais sont-ils efficaces?

 

I. De part leur proximité avec les citoyens et leurs attributions, les collectivités sont particulièrement concernées par le thème de la moralisation de la vie publique.

A. La moralisation de la vie publique est un thème qui prend de l'importance

La notion de moralisation de la vie publique s'est développée dans les années 1980 et l'idée n'a cessé de prendre de l'ampleur au fur et à mesure que des affaires apparaissaient. La moralisation est un processus d'inculcation de normes et de valeurs morales. On introduit ici une notion de bien et de mal, alors que le principe couramment admis est la soumission des administrations au principe de légalité, qui est plus objectif. Néanmoins, depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les notions de bien et de mal sont souvent confondues avec celles de droits de l'homme. La Déclaration des droits de l'homme faisant parti du bloc constitutionnel, sont respect est inclus dans le principe de soumission au principe de légalité. De plus, la loi est conçue pour protéger le citoyen, garantir les libertés et l'égalité entre citoyens. En ce sens, appliquer au mieux la soumission à la loi et plus largement au droit, est la façon la plus évidente de moraliser la politique.

La moralisation de la vie publique, au-delà des administrations concerne aussi les partis politiques. Ces deux aspects sont liés, les administrations étant gérées par des organes exécutifs élus. Néanmoins, si les administrations ont leur propre droit depuis longtemps, la réglementation des partis politiques est plus récente et on recense des cas de financement occulte. La partie financière de la vie politique, à tous les niveaux, et celle qui a vu le plus de lois produites en lien ou non avec des affaires (frais de bouche de la mairie de Paris, affaire Elf, emplois fictifs...). On peut citer la loi du 11 mai 1988 sur la transparence financière de la vie politique, ou plus tard, la loi du 13 novembre 2007 relative à la lutte contre la corruption.

Les financements européens (fonds structurels, Fonds social européen, Jessica, Jaspers, etc.) doivent être de plus en plus transparents. Ainsi les Etats doivent fournir la liste des personnes aidées par les fonds structurels. Cela impliquera de plus en plus une transparence de la part des collectivitésbénéficiaires ou demandeuses aussi.

La moralisation de la vie publique est une exigence de plus en plus importante des citoyens comme de la plupart des instances locales, nationales ou internationale, et les collectivités locales sont particulièrement touchées.

 

B. Proche des citoyens et ayant des moyens pour agir les collectivités territoriales sont particulièrement touchées

On peut plaider que la démocratie locale, en accroissant les responsabilités, dans les domaines où les citoyens sont le mieux à même de juger aux actes, favorise la moralisation de la vie publique en même temps qu’elle en augmente l’efficacité. La décentralisation permettrait un décloisonnement politique, et de ce fait une meilleure assise de l’Etat unitaire. Dans les faits, elles n'ont pas fait meilleure figure que l'Etat ou les partis politiques, avec des affaires comme les « frais de bouche » des époux Chirac, ou les affaires Dauphiné News et Grenoble Isère développement mettant en cause Alain Carignon.

Les collectivités territoriales ont en charge de nombreuses compétences touchant aux appels d'offre ou aux délégations de services publics. Les premiers concernent de très nombreux services et actions, comme la construction de rond-point, de bâtiment, la réalisation d'une étude dans le cadre d'une mission de la collectivité concernée, etc. Le code des marchés publics réglemente les apples d'offre ainsi que les procédures adaptées, selon des principes de base : la liberté d’accès à la commande publique, d'égalité de traitement des candidats et la transparence des procédures. Ainsi, il est interdit de favoriser un opérateur économique (Délit de favoritisme visé par l'article 432-14 du code pénal y compris pour les marchés de faible montant) et un délai raisonnable doit être laissé entre l'information du rejet de la candidature ou de l'offre et la signature du contrat y compris pour les procédures adaptées. Cependant, l'existence d'un code des marchés publics ne constitue pas une assurance contre des dérives, comme l'a montré l'affaire des marchés publics truqués d'Ile-de- France, impliquant plusieurs partis politiques (RPR, PR, PS) et cinq sociétés de bâtiment, et où ces dernières se retrouvaient favorisées en échange d'un surplus financier qui a servi au financement des partis.

La délégation de service public (abrégé en DSP) est l'ensemble des contrats par lesquels une personne morale de droit public confie la gestion d’un service public dont elle a la responsabilité à un délégataire public ou privé dont la rémunération est substantiellement liée au résultat d’exploitation du service. Elle touche de nombreux domaines, comme le sport, la culture, mais aussi le traitement des déchets, l'assainissement, la distribution de l'eau, beaucoup plus lucratifs. La délégation de services publics est réglementée par la loi Sapin et par le CGCT. On peut citer l'affaire Dauphiné News où la Lyonnaise des eaux éponges les dettes du journal local après avoir reporté la gestion des eaux de Grenoble.

Ainsi, les collectivités territoriales concentrent de nombreux risques d'actions douteuses et, de par leur proximité locale avec les citoyens et leurs compétences, il est important que les moyens soient mis en place pour s'assurer la légalité de leurs actions. Pour cela, des outils réglementaires, législatifs ou de contrôle ont été développés, avec parfois des organes chargés de leur application. Si la moralisation doit être une priorité, les collectivités locales doivent être efficaces dans leurs missions d'intérêt général.

 

II. Les outils procéduriers et de contrôle se développent mais ils demandent des moyens et leur efficacité n'est pas toujours prouvée.

A. La transparence et les contrôles se sont accrus

Avec l'augmentation des exigences et depuis les années 1980, les textes sont nombreux concernant la moralisation de la vie publique, que ce soit sur le plan des dérives financières ou du clientélisme. On peut citer, outre la loi du 11 mars 1988 modifiée relative à la transparence financière de la vie politique, la loi du 29 janvier 1993, dite Loi Sapin, relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques, notamment ses articles 1er à 4 et 6, le décret du 22 février 1993 créant le Service central de prévention de la corruption... Les décrets peuvent concerner des domaines de façon générale (marchés publics, comptes annuels...) mais aussi lutter contre le clientélisme ou la corruption dans des domaines précis. Par exemple, dans le cas de l'attribution des HLM, l'article 2 du décret du 28 novembre 2007, relatif à la loi DALO (Droit opposable au logement), précise que « sauf en cas d'insuffisance du nombre des candidats, les commissions examinent au moins trois demandes pour un même logement à attribuer.» Concrètement, cela signifie que désormais les commissions d'attribution ont l'obligation de passer au crible ces trois candidatures, sans quoi l'attribution pourra être qualifiée d'illégale. Cette nouvelle obligation a pour but de moraliser les pratiques, car jusqu'à la publication de ce décret, le maire était seul détenteur du « droit de désignation ». Le but est de limiter le clientélisme, en permettant à la commission d'attribution des HLM de repérer les cas litigieux. Ainsi, l'Etat fait jouer aux commissions le rôle de police qu'il ne peut pas exercer avec les maires.

Les collectivités territoriales sont contrôlées de plusieurs façon par l'Etat, notamment à travers les préfets : contrôle de tutelle (contrôle de légalité), contrôle administratif sur les personnes et sur les actes, contrôle financier. En dehors de ce dernier, il s'agit de contrôles a posteriori et l'acte est exécutoire avant qu'il y ait une éventuellement mise en cause. Ces contrôles ne concernent que la légalité, et pas l'efficacité ou la pertinence.

Les actions publiques et politiques sont aujourd'hui très codifiées, et la transparence a été très largement accrue ; néanmoins on peut se demander s'il y a des limites au-delà des quelles il y a un risque de perte d'efficacité ou d'un trop grand besoin de moyens.

 

B. La moralisation nécessite des moyens parfois chronophages, mais pour garder l'efficacité c'est parfois les objectifs de la moralisation qu'il faut faire évoluer

Dans le contexte de renforcement continu des exigences de transparence des comptes publics et d’amélioration de la gestion publique, disposer de comptes fiables est, pour les collectivités territoriales et leurs partenaires, à la fois une nécessité et un atout. Le champ de compétences des juridictions financières, qui contrôlent tend à s’étendre mais les contrôles sont moins systématiques et plus sélectifs. De plus, les collectivités territoriales contrôlées disposent d’équipes de plus en plus qualifiées et développent des dispositifs de contrôle interne. La diminution du nombre de rapports d’observations définitives ne peut que partiellement s’expliquer par le développement d’autres types de travaux, notamment les enquêtes communes entre la Cour et les chambres régionales des comptes. L’autonomie des chambres régionales des comptes et la dispersion des moyens ne permettent pas de garantir une égalité de traitement entre différentes collectivités de même type en matière d’examen de la gestion. Au niveau quantitatif, l’activité des chambres apparaît hétérogène. Il n’existe à l’heure actuelle en France aucun dispositif obligatoire de contrôle légal et de vérification des comptes des collectivités et établissements publics locaux, à la différence de la situation qui prévaut dans la plupart des grands pays de l’Union européenne (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Danemark, Grèce, Allemagne, Italie, Suède, Espagne). Toutefois dans les autres pays de l’Union européenne, le nombre des collectivités territoriales est bien plus faible qu’en France. On distingue deux grands dispositifs de contrôle légal des comptes dans ces pays : soit les collectivités publiques locales font certifier leurs comptes par des cabinets d’audit externe (Pays-Bas, Danemark, Grèce), soit cette mission de certification des états comptables et financier est réalisée totalement ou partiellement par des institutions publiques (Allemagne, Italie, Espagne). En Grande- Bretagne, les comptes des collectivités publiques font l’objet d’une certification supervisée par l’Audit Commission et réalisée soit en interne à cette institution, soit en externe par des cabinets d’audit privés. Au regard du très grand nombre d’organismes concernés, des contraintes et des coûts, il ne semblerait pas fondé, de l’envisager a priori pour tous les organismes publics locaux.

L’action publique doit d’abord être conforme aux lois et aux règlements : cela reste le fondement de l’Etat de droit. Les juridictions financières qui ont été créées pour effectuer un contrôle de régularité doivent donc rester fidèles à leur mission originelle et notamment à leur mission de juge des comptes. Cependant, on attend désormais de la gestion publique qu'elle soit également soucieuse d’efficacité et d’efficience, quel que soit le niveau où elle s’exerce : Etat, sécurité sociale, collectivités territoriales, établissements publics. La « performance » des administrations est en effet une nécessité démocratique (la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dispose ainsi, dans son article 15, que la société a le droit de demander des comptes à tout agent de son administration) ; elle est également devenue une composante essentielle de la compétitivité qu’impose la mondialisation. Cette performance implique la transparence de la gestion, mais aussi l’évaluation des résultats et la responsabilisation des gestionnaires.

De plus, parfois les problèmes ne viennent pas d'un problème de légalité, ni même de « morale » mais de compétences des agents en charge de certaines missions : ainsi, la crise financière actuelle a révélé l'existence de « dettes toxiques » dans de nombreuses collectivités. Ainsi, 36% de la dette Lilloise serait composée d'emprunts à haut risque, provoquant un risque actuariel supérieur à 60 millions d'euros. Il semblerait que les banques n'aient pas étaient très claires en proposant ces emprunts, et les collectivités n'avaient pas forcément les capacités d'estimer le risque. Sous l'impulsion de l'Etat, les collectivités territoriales et les banques ont signé, en décembre 2009, une charte de bonne conduite. Les banques s'engagent à ne plus proposer aux collectivités territoriales les produits les plus risqués et d'améliorer la communication sur les produits vendus. En contrepartie, les collectivités territoriales s'engagent à développer la transparence des décisions concernant leur politiques d'emprunt et de gestion. Cependant, cette charte n'est pas contraignante.

 

Pour des garanties de démocratie, il est indispensable d'assurer une vie publique transparente et respectueuse du droit. Le nombre des collectivités locales, le nombre des intervenants, les faiblesses humaines, etc. font que parfois le principe de légalité n'est pas respecté et des affaires plus ou moins graves apparaissent régulièrement. Les procédures pour moraliser le fonctionnement des collectivités territoriales se développent, et des organes de contrôles internes ou externes apparaissent ou voient leurs compétences évoluer. Néanmoins, lorsqu'il n'y a pas les moyens d'appliquer les décisions ou lorsque les intervenants incluent des partenaires privés cela peut-être compliqué et difficile à appliquer. Les exigences actuelles vont, de plus, vers plus d'efficacité, or il ne faut pas oublier, qu'outre le respect du principe de légalité, les collectivités territoriales doivent respecter la poursuite de l'intérêt général, la défense de l'égalité, la neutralité...

 

 

Par Ingrid-Hélène - Publié dans : Public et collectivités
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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 08:52

Alors que des efforts sont faits sur les économies d'eau, le coût de l'assainissement ne cesse d'augmenter. PLusieurs raisons à cela: nouvelles normes, nouveaux polluants, eaux fluviales...

La France accuse un grand retard dans ses stations d'épuration et ne respecte donc pas les directives européennes. Pour se mettre au niveau exigé par l'UE des investissement sont faits et restent à faire. Certaines stations d'épuration doivent être mises à niveau, d'autres carrément changées. Il s'agit d'investissements très lourds qui forcément ont un impact sur la facture.

De plus, de nouveaux polluants sont découverts régulièrement qu'il faut traiter. Il s'agit souvent de polluants déjà existants mais pas encore repérés, parfois aussi de nouvelles pollutions (chimiques, pharmaceutique...). Cela entraîne aussi une adaptation des stations d'épuration.

Les routes bétonnées ne permettent pas l'infiltration des eaux dans la terre : les eaux pluviales vont dans les égouts avant de rejoindre la station d'épuration. Ces eaux arrivent chargées des pollutions présentent sur les toits (métaux lourds) et sur les sols urbains (hydrocarbures), et sont beaucoup plus polluées que les eaux usées. Là encore il faut que les stations soient capables de gérer. 

Ainsi, si grâce aux économies d'eaux, le dimensionnement des stations d'épurations par rapport à la quantité d'eau à traiter n'est plus le problème principal, des investissements sont faits et restent à faire sur les types de polluants à traiter et sur leur concentration à l'entrée de la station.

Par Ingrid-Hélène - Publié dans : Eau
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 08:58

Trafic aérien bloqué pendant quelques jours pour cause d'un événement naturel...

Biodiversité menacée à cause d'un événement d'origine humaine...

Peut-on comparer ces événements? D'une certaine façon mon ami Erik Holm l'a fait sur son blog et j'espère qu'il ne m'en voudra pas de partager cette image sur mon propre blog.

 

http://3.bp.blogspot.com/_apVWBieUT-4/S-LNX9Evf_I/AAAAAAAAAA0/NZ6EE4mcc_s/s1600/volcano-birds-petrol-erikholm.jpg

Par Ingrid-Hélène - Publié dans : Tout l'environnement
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  • : Environnement association énergie déchets Environnement
  • : Curieuse de nature, amoureuse de la vie et donnant beaucoup d'importance à l'humain, j'ai exploré rapidement le monde de la production audiovisuelle et plus longuement le secteur non lucratif, avant de travailler deux ans comme chargée de mission à l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée et Corse. Aujourd'hui mon souhait est de rester dans ce domaine et d'en explorer les divers aspects... Ce blog parlera donc d'eau, d'environnement, mais je n'oublierai pas mes anciennes amours associatives.
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